Pour l’entrée, le chef vous propose des juaves farcies avec des soins. Dans le doute j’ai pas osé, je prendrai un dessert. J’ai pas osé demander non plus.

Pour le plat, j’ai osé. « Des macaroni ? Comme le dessert ? » La serveuse m’a regardé de haut et, la voix pleine de dédain, m’a répondu « Bah non, c’est un plat. Des macaronis. MA-CA-RO-NI. C’est à la truffe. » Alors je me suis senti idiot et âgé de 6 ans et j’ai pris ça.

(Je pense toujours quelque part au fond de moi que je vais avoir des cannelloni, mais c’est mon esprit rebelle et contestateur ça.)
Je viens de me faire gronder parce que je mange trop vite. Toujours 6 ans. Y a plus qu’à ce qu’ils me mettent à la porte parce que je suis gay, et c’est comme à la maison !
Ça n’en finit plus. On m’a proposé un café, j’ai demandé si une noisette c’était possible et elle a fait machine arrière vers la cuisine. Je me suis retenu de crier que ça voulait dire avec une touche de lait, pas besoin d’impliquer le chef. J’ai pas osé. Je stresse.
(Tout ce que j’ai mangé était admirablement bon, qu’on soit bien d’accord, toute chose étant égale par ailleurs.)
Par contre je vis dans une blague géante. Demain vous me ferez croire qu’il y a aussi des pâtes qui s’appellent des farfalle et que ce ne sont pas des lutins irlandais tant que vous y êtes. Des macaronis. Genre.