Le travail n’est pas une valeur. Enfin le travail, l’activité professionnelle.
On travaille pour nous permettre de vivre. L’envie de bien faire, la volonté de se dépasser, vouloir donner à la communauté, partager l’effort, éventuellement ce sont des valeurs. Pas le travail.
J’accepte que souvent ce soit ce qu’on pointe du doigt quand on parle de la « valeur travail ». Mais en vrai dans la bouche des politiques en particulier, ça dit « job ». Ça dit « se sentir coupable à niaiser sur le canapé » aussi.
C’est absolument indécent de parler de valeur travail quand par ailleurs les maîtres du monde sont des rentiers qui ne connaissent pas la réalité du mot. Bref.
Anecdote : les rares fois où je n’ai pas eu d’activité professionnelle, j’ai pris naturellement sur moi la charge de toutes les activités domestiques. « Tu bosses 35h pour de l’argent, il est normal que je bosse 35h dans la maison et que tu n’aies pas ça en plus ». Le partage de l’effort tout ça.
Bah déjà j’aurais bien reçu celui qui me reproche mon absence de valeur travail. Ou celui qui l’aurait attachée à une forme de feignantise.
Tout ça ne m’empêchant pas de travailler, et souvent beaucoup, et souvent trop. Ne pas laisser les collègues dans la merde, respecter ses engagements (contractuels et moraux), le goût de la chose bien faite… Pas besoin d’inventer une « valeur travail » pour l’expliquer.
Par contre un milliardaire décide que je mérite de vivre dans le luxe le reste de mes jours, je vais sagement démissionner de toute activité professionnelle salariée. Et sans complexe.
Et de l’autre côté du spectre : on peut considérer que la valeur travail n’existe pas et pour autant ne pas accepter que ce soit « la porte ouverte à l’assistanat gauchiste où personne ne travaille ». L’argent de l’État vient de quelque part.
Quand il vient de production interne, il faut bien des gens pour produire. L’État c’est nous. Le partage de l’effort, tout ça. Quand il vient de l’impôt, même conséquence. On décide collectivement d’aider les plus faibles et ceux qui ne peuvent pas. Ceux qui peuvent contribuent.
Si cet argent venait de réserves magiques de bidulum trouvées sous la Normandie et extraites par des robots qui s’autoentretiennent, bah soyons tous payés à rien faire par l’État sans remords. C’est censé être le but ultime, c’est à ça que servent les évolutions robotiques et informatiques.
Même la base du capitalisme approuve : toutes les théories de l’offre et de la demande partent du principe qu’on doit considérer les besoins primaires assouvis comme prémisse à un marché d’offre et de demande non distordu.