Il y a de plus en plus d’inquiétude, apparemment, à propos des nouvelles générations qui ont de moins en moins d’intérêts, de loisirs. Musique, sport, photographie, cuisine, calligraphie, lecture, peinture, tricot, collections… choisissez votre poison. Le jeu vidéo semble être partiellement épargné.
Des gens accusent les écrans, d’autres une culture de la gratification instantanée, et je pense qu’il y a un peu de ça. Mais j’ai remarqué un autre truc. Je ne sais pas à quel point ça a une influence, mais j’ai l’impression que c’est une part de la réponse.
Une grosse partie des gens « de mon âge » qui ont des loisirs spécifiques ont développé leur intérêt dès l’enfance. Et si on creuse la question de comment ils ont commencé, c’est flou.
C’est plus facile quand on regarde la musique, genre piano ou violon : souvent, c’était une activité à demi imposée par les parents. Ou commencée par l’enfant, mais avec des parents qui forcent à continuer après un désintérêt soudain.
Et en parallèle, les parents dans mon entourage ont tendance à ne pas vouloir forcer d’activité à leurs petits adultes de poche ; si iceux s’intéressent à quelque chose puis se désintéressent, leur choix est respecté.
Du coup, je ne sais pas. Toute acquisition d’une nouvelle compétence, même dans le cadre du hobby, est associée à une période compliquée : on n’est pas encore bon, l’excitation du début est tombée, et il faut un peu de travail… mais c’est transitoire.
Les enfants n’ont pas l’expérience ou l’esprit pour comprendre ce transitoire. Est-ce qu’on leur rend service ? À quel point il faut trouver un juste milieu autour du « c’est pour ton bien » ?
Par ailleurs, à quel point le fait de rendre tout public et sans droit à l’oubli (réseaux sociaux) handicape les gens qui ont peur de l’échec ou du ridicule, les forçant à l’inaction ? Est-ce que les gens vont bien ? ((Je n’ai d’avis sur rien de tout ça, je me pose des questions.))
Je sais pas. Je suis un pianiste extrêmement médiocre, je suis chiant à mourir et j’aime faire des puzzles au coin du feu, je lis, je vais reprendre la photographie, ça m’arrive de tricoter, je hante les parcs d’attraction… Tout ça je le fais mal ou de manière ridicule et je m’en fous.
Mais je sais que mon imperméabilité au regard d’autrui est plutôt l’exception. Je vis dans mon coin et j’ai pas assez de temps pour tout ce qui m’intéresse.