Je ne sais pas si les affirmations selon lesquelles lire ne changerait rien sont des vœux pieux ou une sorte d’hypocrisie pour ne pas jeter un éclairage négatif sur ceux qui ne lisent pas, mais oui, il y a une différence moyenne sensible de vocabulaire entre les gens qui lisent et ceux qui ne le font pas. Ne pas en parler ne change rien.

Quand j’enseigne (jeunes adultes, et pas une matière littéraire), il y a une différence sensible de compréhension des énoncés entre ceux qui lisent et ceux qui ne lisent pas. Ne serait-ce que parce que ceux qui ne lisent pas sont rebutés par les « murs de texte » que représente la documentation.

Je ne comprends pas non plus ceux qui disent que tout le monde lit et vont prendre les messageries et Twitter comme exemple. Sans voir que les RS les plus populaires sont Instagram et TikTok. Sans constater que les « sous-titres TikTok » sont tellement caricaturaux qu’ils sont moqués.

Sans remarquer que de plus en plus de gens préfèrent envoyer des messages vocaux sur les messageries. Sans se dire que la quantité de texte et les qualités lexicales ou grammaticales du message écrit à la va-vite par nos amis ne sont pas les mêmes.

Pour moi ceux qui parlent d’une génération de l’écrit défendraient que les plus lettrés des Français des années 80 sont les conducteurs de camion et les chauffeurs de taxi à cause du nombre de panneaux qu’ils croisent sur la route.

Est-ce que c’est grave ? Écoutez, j’ai arrêté de juger ce qui était grave ou pas « pour la suite ». Même si plus personne ne lit, ça ne m’empêche pas de le faire ; je n’ai pas d’enfant donc pas d’inquiétude pour après ma disparition. Que les gens fassent ce qu’ils veulent. Ou peuvent.

Est-ce que c’est dommage et est-ce que pour leur bien j’aurais tendance à conseiller aux gens d’inverser la tendance ? Assurément. But you do you, comme on dit outre-Manche.