Je vais pas me faire des amis, mais je vais le répéter : je suis fondamentalement, absolument contre les quotas. Et je vais dessiner les pourtours du pourquoi.
Les quotas se font toujours « au détriment de ».
| Imaginez une classe de prépa de 50 élèves. Un quota établit du 50 | 50 sur le genre. Il y a moins de filles dans les disciplines scientifiques. Du coup, imaginons que 10 filles compétentes fassent le vœu d’y aller. On fait quoi ? |
Solution 1 : on ne fait rentrer que 10 garçons. L’effectif de classe est incomplet et on refuse à 30 garçons une formation qu’ils souhaitent, dans laquelle il y a de la place, pour laquelle ils ont les compétences. C’est absolument inacceptable.
Solution 2 : on remplit la classe de garçons, à hauteur de 25. Il manque 15 filles compétentes qu’il faudra faire venir de force alors que ce n’est pas leur premier choix, les privant de faire ce qu’elles voulaient au nom de la cause. C’est absolument inacceptable.
Solution 3 : on remplit la classe de garçons à hauteur de 25. Ça rend la sélection plus drastique et augmente leur niveau général. Ensuite on prend les 10 filles compétentes. Pour les 15 autres, on prend des filles volontaires mais pas compétentes. Diminuant leur niveau général.
Non seulement c’est inacceptable, mais ça renforcerait les stéréotypes, dans tous les cas. Car du coup on rend VRAI le fait qu’une femme a moins de chance d’avoir le même niveau d’expertise au même poste / même diplôme. On n’a vraiment pas besoin de ça.
Tournez-le comme vous voulez : les quotas sont toujours injustes, et finissent toujours par créer discriminations et renforcer les clivages. Le seul endroit où je peux y voir une plus-value, c’est dans le champ de la représentation démocratique. Légère.
Si vous voulez plus de femmes en sciences, c’est avant que ça se décide, dans la mesure où ça se décide. Mais je rajoute un autre truc qui va faire hurler sans doute : pour moi même ça ne devrait pas être un objectif.
On devrait faire en sorte que tout le monde ait la même opportunité de choisir, et que tout le monde soit exposé de la même façon aux mêmes disciplines. Et c’est là le point central. Une fois ceci fait, on doit laisser les gens faire ce qui leur plaît et qui vont les épanouir.
Et si autant de femmes que d’hommes veulent s’épanouir en faisant des maths, ou en codant, ou ce qu’ils veulent, génial. Si les hommes sont moins tentés que les femmes en moyenne par une profession ou l’inverse, génial pareil. S’ils ne se sont pas empêchés par pression de s’y intéresser.