En prépa, dans l’internat, j’ai eu le droit à un tag sur la porte de ma chambre : « ICI ON SE FAIT ENCULER À TOUTE HEURE ». Des rires et des blagues et des réactions de dégoût dans les salles d’eau. Pour marquer l’ambiance différente.

Quand j’ai décidé de ne passer aucun concours de grande école d’ingé, il a été dit que c’était pas étonnant, parce que c’était pas pour les tarlouzes.

Quand il a été su que si je restais dans l’internat même pendant les week-ends et les vacances (dont Noël), c’était parce que mes parents m’avaient foutu à la porte, il y a eu une lettre anonyme au proviseur.

Contenu : ils avaient peur que je me masturbe dans leurs sous-vêtements, et qu’on devrait prendre exemple sur mes parents qui après tout me connaissaient mieux, donc autant leur faire confiance.

Pas tout le monde. Il y avait 3 personnes dans l’internat des prépas scientifiques qui me soutenaient. Aucune dans ma classe. Pas trop publiquement. Dans ma classe, trois autres, externes, m’adressaient la parole. Mon refuge ? L’étage des prépas littéraires.

Je n’ai pas haï cette période. Ça parle des autres moments en comparaison. Beaucoup de gueule, mais aucun courage, et comme je n’avais plus de chez moi et des gens bien à l’étage du dessous, au final, c’était pas mal.

D’un autre côté, il y aurait sans doute un psy à froncer des sourcils à lire ça. Puisque c’est aussi la période qui m’a poussé à commettre le pire. Mais aussi la période où j’ai raté (obviously), compris que c’était pas la solution, et choisi l’approche de la transparence et du filtrage des cons.