Troisième hospitalisation de ma mère.

La première, un pontage cardiaque. La deuxième, une infection du médiastin suite à la première. Bon. La troisième, une réinfection du médiastin parce que finalement « elle allait mieux » après une semaine et demi au lieu des 6 à 8 d’hospitalisation annoncées.

Trois hospitalisations avec trois opérations lourdes et douloureuses. Dont une et demie de leur faute. Ils sont chiches sur les morphiniques pour la douleur, elle m’appelle en pleurs. Je suis un des grands défenseurs du corps médical, mais il y a des limites et je suis désœuvré. Bref. Un jeudi.

Pour économiser 6 sous, on réduit les hospitalisations à peau de chagrin. Quitte à risquer la vie d’une vieille femme fragile. Par contre faudra m’expliquer comment deux opérations bonus faites en urgence la nuit, ça aura économisé de l’argent.

Faudra m’expliquer comment « on ne veut pas risquer l’accoutumance » est un argument valable face à quelqu’un qui pleure quand elle dit qu’elle a mal. Faudra m’expliquer comment on peut deux fois à suivre faire la même « boulette » de ne pas attendre sans se dire qu’on va faire gaffe. Faudra m’expliquer comment il n’y a pas de signal d’alarme et d’accompagnement quand on entend un patient autonome, sain d’esprit, dire « j’aurais mieux fait d’être morte sur la table ». Je ne comprends pas et je suis désœuvré. Faudra m’expliquer comment « oui mais elle ne faisait pas de fièvre » semble être une bonne excuse à me présenter quand son dossier médical indique explicitement qu’elle ne fait jamais de fièvre même au plus malade.

Parce que je comprends rien. Je comprends rien, mais j’ai un duo de valeurs qui ne peuvent fonctionner l’une sans l’autre : je reconnais le droit fondamental à se tromper, à faire une erreur, à mal évaluer. Mais c’est associé à une responsabilisation, à l’acceptation de ses torts. Et quand l’un va sans l’autre, je m’insurge.