À chaque fois que quelqu’un conteste et se moque ou se scandalise d’un jugement d’assises, la justice meurt un peu pendant qu’on montre son ignorance.
9 jurés et 3 juges, entre 3 et 6 jours de procès, des dizaines de témoignages… mais lire un article de 20 lignes permettrait de se faire un avis.
20 lignes et un titre qui permettent aux « experts » d’en savoir plus et mieux, et sur le jugement, et sur les raisons d’icelui, et sur les débats entre les jurés, et sur les conseils des trois juges les accompagnant. L’émoi médiatique et l’ère de la post-vérité à la Trump, mais dans le camp du bien.
Ah bah j’ai été bloqué. « Bouh bouh », je dois être le vilain machiste fasciste défendant le résultat d’un procès d’assises et militant pour les féminicides. En 2024, le fasciste, c’est celui qui respecte l’État de droit et la justice du peuple par le peuple au nom du peuple. Misère.
L’article cité était celui-ci : Jugé pour avoir étranglé son épouse malade, un septuagénaire acquitté.
Notez bien l’ironie : ces gens sont en parallèle les premiers à dire qu’on devrait légiférer pour autoriser l’euthanasie, mais ne peuvent pas voir l’acte de cet homme autrement que comme de l’oppression patriarcale.
Et ils sont tellement bouffis de certitudes que se voir contredire leur est impossible. On se prépare une société et un futur de merde, coincé entre des rétrogrades avides de droite et des puritains moralisateurs de gauche, des idiots partout. (Oui, je suis sévère.)
J’y reviens après plusieurs heures mais ça me perturbe. Car ce sont aussi les mêmes qui trouvaient que la condamnation de Sauvage, une meurtrière violente et abusive ayant tué de sang-froid, condamnée elle par non pas 12 mais 24 personnes après appel, était injuste et qu’elle était une héroïne.
La vérité et les faits n’ont vraiment aucune emprise sur eux. Les contextes, la raison d’être des Assises comme lieu de découverte de la vérité et de la nuance, leur sont totalement inaccessibles. Ils font de victimes des bourreaux et des bourreaux des anges doux comme des agneaux.