Je pense pessimistement qu’il y a un peu des deux. Et j’en reviens sur tous les sujets à la même constatation de vieux con mais imparable : on a une vie trop facile. Je m’explique.

Avant on avait des gens illettrés qui ne pouvaient rêver d’accéder à l’aisance ou à l’autonomie. Ils ont loué l’arrivée de l’instruction publique, premier outil de l’ascenseur social et de l’émancipation. Mais une fois acquis on a oublié comment c’était et on pense l’école inutile.

Avant on avait des famines épouvantables régulières, et la faim comme les intoxications alimentaires étaient des sujets majeurs du quotidien et une épée de Damoclès au-dessus de toutes les têtes. On a oublié la faim et maintenant les gens réclament un retour à une agriculture vivrière.

Avant on avait des épidémies régulières et une mortalité infantile élevée. La maladie et la mort accompagnaient tout le monde, jusqu’aux progrès des antibiotiques et des vaccins. Mais on a oublié les maladies et notre salut et on refuse maintenant les vaccins en riant de la grippe.

Plus clivant encore : avant la femme était écrasée par l’homme. La raison principale c’est la gestation : l’homme contrôle quand il a un héritier et de qui, pas la femme. On invente la pilule, le contrôle de son corps, LA BASE de la libération des femmes. L’invention qui a changé l’Histoire.

… et on a oublié ce que c’était que laisser ce pouvoir aux hommes et on parle de plus en plus de cette injustice et de la nécessaire prise en charge de la contraception par l’homme. (Moi je serais une femme ces discours me terrifieraient.)

Bref. Quand la vie devient facile, les gens oublient.