Il y a un truc autour de ce sujet quand même. Parce qu’on est nul à gauche, qu’on n’est pas cohérent, et qu’on ne veut pas gagner.
Je me rappelle que dans mon enfance, le FN c’était visiblement repoussoir (ah, la belle époque !). Ils s’habillaient, parlaient, se comportaient en fasciste.
Il y a quinze ans environ, c’est Marine Le Pen et Philippot qui ont stratégisé une respectabilité. Il fallait parler bien sinon on serait jamais élu. Il fallait s’habiller bien sinon on serait jamais élu. Il fallait se comporter bien sinon on serait jamais élu.
On a eu alors pléthore de gens à pointer deux choses :
- la stratégie est grossière, que l’emballage avait changé mais c’était toujours la même marmelade dedans.
- la stratégie est efficace, que les gens voyaient plus facilement le RN comme un parti comme les autres.
On avance de quelques années, et on retrouve les mêmes actions et les mêmes arguments sous un autre nom, cette fois dans l’Assemblée : la stratégie de la cravate. Face aux outrances de la LFI, ne pas faire ces vagues. Bon. Toujours efficace. Toujours simple.
Alors PAR TOUS LES GRANDS DIABLES pouvez-vous m’expliquer où est la stratégie de la cravate de la gauche ? Parce que si porter une cravate, arrêter de vomir sur les gens et éructer sur les plateaux ou dans l’hémicycle, ne pas passer son temps à couper la parole aux autres façon Aubry sur les plateaux télé, ça permet de gagner des voix, dans quel monde on s’estime au-dessus et qu’on se les refuse ?
Quand on dit « bouhhh, y a que le vêtement pour plaire aux droitards, c’est pas utile et on doit pas changer »… on est comme Le Pen père qui disait à sa fille que son changement d’image n’était que pour plaire aux gauchiasses et que c’était pas utile, qu’on devait pas changer. Littéralement.
Devinez qui a eu raison dans l’histoire du FN et qui nous mène à ce qu’on vit aujourd’hui ? « Ouais mais on est comme ça à gauche », sous-entendu il y a des valeurs en dessous. Faudrait savoir : je croyais que la stratégie de la cravate ne changeait pas ce qui était derrière le RN.
Alors soyez un peu plus comme nos amis mode Marine et Florian. Quand un article parle du côté débraillé de la gauche, plutôt que les critiquer lui et son auteur, acceptez qu’ils aient raison par stratégie électorale et allez voir les débraillés pour remettre leur chemise dans leur pantalon. Quand quelqu’un pointe du doigt Mélenchon ou Rousseau parce qu’ils ne peuvent pas s’empêcher de hurler en bavant, mettons-les gentiment mais fermement de côté comme la fillette a poussé son père vers la sortie et a trouvé Bardella.
Ça marche. C’est facile. Ça fait pas tout mais ça aide.
Bonus : vous ne voulez pas de la règle demandant le tailleur pour les femmes au parlement ? Je vous entends. Mettez un tailleur ou un costume cravate. L’égalité vestimentaire des sexes n’a pas besoin de frasques pour être effective.
J’anticipe aussi les « oui mais on parle de ça plutôt que des gens qui ont faim ». Mais Jean-Michel, quand Maurice ne met pas de cravate et qu’ON SAIT que ça va faire brailler, et que c’était simple et pas compromettant d’en mettre une, c’est Maurice qui a fait dévier le sujet volontairement.