Moi je ne veux pas les comprendre à titre personnel. Je m’en fous. Et justement tout le monde me parle des moteurs. Je m’en fous des moteurs. Je m’en fous que les gens aient des raisons sociologiques et contextuelles en soi. C’est pas du concret.

C’est là où on se perd. Quand je parle de pourquoi, c’est « quelle mesure concrète ».

Imagine que demain le vote est obligatoire et le blanc est interdit. Imagine que dans les deux partis proposés l’un est pour le nucléaire et l’autre contre. Je voterai pour le parti pro-nucléaire. Littéralement quelles que soient ses autres propositions ou presque. Même si ça veut dire que moi je me retrouve en camp. Parce que je vote pour le général et pas pour moi. Parce qu’une société qui réfute la science crée ses obscurantismes. Parce que les civilisations se relèvent toutes des autoritarismes et des dictateurs. On ne se relèvera pas aussi facilement des dérèglements climatiques.

Imagine que ces partis, ce soit le RN et un autre. Bah la raison pour mon vote, c’est « le nucléaire ». Pas le fait que je trouve que c’est plus important que les dictatures, ou que je suis suicidaire, ou que ma situation socio-économique me prédispose, ou parce qu’on me normalise le FN. On veut me récupérer, on met en face de moi un parti qui propose le développement du nucléaire. On m’a pas compris spécialement, on m’a pas aimé, on m’a pas cherché des excuses. On a juste écouté un besoin.

À une échelle moins extrême, j’ai quitté la LFI (j’ai même écrit des discours pour certains de leurs candidats aux législatives de 2017) quand ils ont viré anti-science, j’ai soutenu Roussel et le Parti Pirate pour leur soutien sur le sujet, et là j’ai voté Équinoxe, le petit nouveau.