Bon. Bah je suis désolé mais je ne vais pas être dithyrambique sur « Mars Express ». Il y a du superbe, du moyen, et du catastrophique. C’est compliqué. Ça se regarde, hein, mais ironiquement le potentiel montré par le superbe et finalement gâché rend le reste encore plus difficile.
Et je tiens à défendre à ce propos une profession artistique oubliée. Avec ses domaines d’expertise, ses talents. Une qui se fait cracher dessus depuis des dizaines d’années par des gens qui pensent que c’est inutile, devant un public trop peu exigeant. Une où la France régnait en maîtresse.
Le doublage.
Non, un acteur n’est pas un acteur voix. Non. Non non non. C’est un métier spécifique, extrêmement exigeant, difficile, nécessitant un talent incroyable. Que quelques élus puissent faire les deux ne veut rien dire. On a des acteurs chanteurs ou danseurs aussi.
Très clairement, le catastrophique de ce film tient dans le duo écriture des dialogues / doublage. Arrêtez d’embaucher des acteurs qui attirent l’œil sur une affiche plutôt que des doubleurs. Arrêtez de faire le buzz sur l’influenceur du moment que vous ajoutez à votre casting pour le klout. Et encore, je dis ça, mais le Capitaine du Nexus a été, sur ses quelques lignes, parfait. Usul médiocre / inconstant, mais dans tous les cas au-dessus des autres « pourtant acteurs ». La vache.
Et je pense sincèrement qu’après Audiard (vieilli) et Astier, on n’a plus le droit, on n’a plus de circonstance atténuante à être incapable d’écrire un dialogue « vrai ». Un dialogue de la vraie vie. Avec des mots de la vraie vie, des interactions de la vraie vie. Du rythme de la vraie vie. Combinez des dialogues totalement artificiels et déconnectés de la vie avec des acteurs incapables de faire passer quoi que ce soit par leur voix, dans un doublage absolument à rebours par rapport aux enjeux d’une scène, et c’est de suite l’horreur.