Il y a autant de compétence chez la femme que chez l’homme. Pour le montrer, partons d’une population de 200 individus où, sur un sujet, 50 % des gens sont compétents. Il y aura donc 50 femmes compétentes et 50 hommes compétents.

Dans ce cas bim, tout marche bien.

Mais imagine que notre population maintenant est différente : la moitié des gens dans notre école sont compétents, comme avant. Mais dans l’école il n’y a que 20 % de femmes. On a donc 40 femmes pour 160 hommes dans l’école. La moitié est compétente : on a 20 femmes compétentes et 80 hommes.

Si on embauche la moitié des gens diplômés et qu’on s’impose un quota basé sur le genre, on va embaucher 50 femmes, et 50 hommes. Hors ratés de recrutement (qui existent dans la vraie vie), on doit prendre 50 hommes dans les 80 hommes compétents.

Mais on va devoir prendre 50 femmes alors qu’il n’y en a que 40 qui auront été diplômées dont 20 de compétentes. On devra donc mécaniquement embaucher 20 femmes incompétentes, et 10 de figuration. Ou on respecte pas les quotas et on aura quand même 20 femmes incompétentes pour 10 hommes.

Mathématiquement, si le quota de recrutement ne correspond pas au quota de personnes disponibles sur le marché, on favorise l’incompétence des gens discriminés positivement, À CAPACITÉ DE COMPÉTENCE ÉGALE DANS LA POPULATION.

Dans le « meilleur » cas, on aura donc : 20 femmes compétentes, 20 femmes incompétentes, 50 hommes compétents, 10 hommes incompétents. Pendant les augmentations salariales basées sur la compétence l’année suivante, les hommes prendront 71 % des augmentations par ailleurs.

Dans le pire des cas on aura : 20 femmes compétentes, 20 femmes incompétentes, 10 potiches absolues, 50 hommes compétents. Et en dehors de l’entreprise : 50 hommes incompétents qui se disent à juste titre qu’ils auraient été meilleurs que les potiches.

Par ailleurs, toujours dans ce cas le pire, on aura Jean-Michel Misogyne qui pourra dire que « regarde on voit bien que les femmes sont plus incompétentes que les hommes », les Robert Pas-tant-misogyne qui dira que chaque fois qu’il a une collègue femme y a plus d’1 chance sur 2 qu’elle soit nulle.

La misogynie de l’ignorance n’est jamais absolument grave. Les misogynes qui pensent « dans le vide » que les femmes sont moins compétentes peuvent être détrompés par le temps et l’expérience. La misogynie « qui a des preuves », elle ne se combat plus. C’est trop tard.

Je ne suis pas le mieux placé pour savoir si le jeu en vaut la chandelle. J’ai l’impression que non, et en tant que minorité au travail je me suis attaché à n’être vu qu’au travers de mes compétences. Et au-delà ?

Bah au-delà je crois que les 20 compétentes peuvent être très vite saoulées des 30 incompétentes en direct, saoulées de l’image que ça te voit d’eux. Je pense que vu depuis l’extérieur ça ne donne pas envie non plus, et que ça freine les filles à aller dans ces filières.

Pas autant que la misogynie, mais comme ça crée aussi de la misogynie ça fait un beau package. Un peu comme quand on regarde nos flics actuels : bah ça donne pas envie de devenir flic, alors que c’est justement parce que les gens différents ne veulent pas le faire qu’on ne les voit pas.

J’ai pas de bonne réponse donc. Je pense réellement que faut d’abord se concentrer sur les compétences pour le recrutement et faire des quotas qui suivent les proportions de la population dans la catégorie. Même si c’est plus lent. Et dans beaucoup de milieux c’est DÉJÀ un quota supérieur.

Je suis pas vraiment concerné. Si vous avez l’impression que ça en vaut la chandelle, je me battrai pas sur le sujet. Et de mon côté je travaille avec et recrute majoritairement des femmes, parce que j’ai la chance d’avoir eu d’excellentes candidates, et de former des femmes (et je forme bien 😆).

Mais si j’avais eu que des hommes à être les meilleurs durant nos entretiens et nos tests techniques, j’aurais pris que des hommes avec du regret mais sans aucune once de mauvaise conscience.

J’encourage toutes les initiatives pour que des femmes apprennent à coder et se reconvertissent, que des femmes fassent plus de sciences, de maths, d’info à l’école, j’enseigne : mais je recrute le ou la meilleure. Et à profil égal, je vais favoriser la parité. Si on y est, ça sera du pile ou face.