Au-delà de l’agressivité des mots, il y a dans ce débat une violence intellectuelle terrible. On a mis sur le même plan deux choses :
Une femme pensant « Je lis ce texte, je peux en comprendre le contenu, ça m’embête d’être invisibilisée dans la grammaire ».
Et moi qui, face au point médian, suis strictement incapable de lire le texte.
Et si vous avez un « outil technologique qu’il suffit d’adapter » qui change le fonctionnement défaillant de mon cerveau, je prends, mais vous risquez le prix Nobel. Et c’est en plus un mauvais procès, puisque réduire l’écriture inclusive au point médian est très limite.
Donc si le point de vue des concernées, comme vous dites, si c’est « jetons avec l’eau du bain les dyslexiques, les neuroatypiques, et les malvoyants trop pauvres pour racheter des lecteurs d’écran plus évolués parce que je veux pas écrire « toutes et tous » plutôt que « tout•e•s » »… je pense qu’il est raisonnable de considérer la volonté excluante et égoïste.
Mais du coup je vous invite à faire ce que vous conseillez : écoutez la parole des concernées et concernés — ceux exclus par la pratique. Pas agacés : exclus.
Enfin, je remercie ces approches pour la double peine permanente. Non seulement je suis exclu de plus en plus de textes, mais en plus, j’ai la joie systématique de me faire considérer comme un vilain masculiniste réactionnaire qui cherche des excuses quand j’ose dire que c’est pas idéal.