Le problème, à mon sens, c’est que mes compatriotes de gauche versés dans la militance théorique ne sont pas armés intellectuellement ni dialectiquement pour se confronter au réel. C’est pour ça que je pense avoir raison.
Les combats, on les gagne en convertissant, en éduquant, en convainquant. Et ça présuppose 3 choses :
- connaître la rhétorique du camp d’en face et ses sujets ;
- accepter de discuter ;
- considérer l’autre comme un humain avec empathie malgré son parcours qu’on réprouve.
Quand on regarde le bilan de leur manière : ils arrivent à prendre des alliés et les traiter de tous les noms. Peuvent-ils en convaincre de rejoindre ceux d’en face ? Je le pense. Quelles victoires personnelles ? Quel recul du fascisme grâce à eux ? Aucun.
Ce n’est pas une extrapolation, c’est imparable : s’ils sont imbuvables avec tous et refusent de parler à ceux qui ont peur et se réfugient dans l’extrême droite, pourquoi est-ce que les dits apeurés finiraient par les considérer sympas ou les rejoindre ? Ils ont même pas les arguments ! Au mieux, ils retardent. Peut-être arrivent-ils à ralentir la conversion de non-ED en ED. C’est de la pensée magique vu qu’ils traitent tout le monde de facho, mais admettons.
De l’autre côté, j’ai confronté d’innombrables homophobes (ça marche pour raciste), et à force de discussion, je les ai fait passer de « ils sont monstrueux » à « ils sont monstrueux sauf Lomig » à « sauf certains » à « certains sont monstrueux » à « ils sont comme nous ».
Bien sûr que je gagne pas à tous les coups. Mais on est une armée, normalement. Et on a pour nous notre éthique et nos valeurs humanistes ? Bon sang ! L’important, c’est le résultat global, pas les échecs ponctuels.