Il est connu que j’aime les montagnes russes. Il est connu que je parcours le monde juste pour des montagnes russes. (Oui bilan carbone tout ça.) Mais comment juger un coaster, vraiment ? Il y a en gros 2 niveaux d’appréciation.
Le premier, on a des gens pour qui la montagne va créer de la peur, de l’adrénaline, ils crient, ils aiment mais ils vont voir le coaster comme l’intensité de ce ressenti personnel. Bon, là, il n’y a pas vraiment de notation précise. Mais quand tu peux les naviguer sans aucune peur, et conscient de ce qu’il se passe, on a la capacité de définir des éléments spécifiques qui les distinguent.
Exemple : l’Aerosmith (Avengers maintenant ?) chez Disneyland Paris (Studio). Ce coaster a un départ propulsé par des electro aimants, et le départ se fait « à plat » — l’accélération est énorme. La plupart des gens du groupe 1 vont être totalement envahis par la sensation de vitesse. Puis arrivent deux inversions (« la tête en bas ») qui vont retitiller l’oreille interne. Quand le trajet se termine, c’est allé vite, fort, ils savent plus où ils sont, le cœur bat la chamade : C’EST GÉNIAL ! … sauf que non. C’est l’une des pires montagnes russes de France. Parce que dès que tu ne ressens plus cette peur, on a un départ rapide très agréable, une première inversion trop vite derrière pour pleinement l’apprécier, et tout de suite une seconde qui ne sert à rien car trop proche de l’autre… suivi d’un parcours plan plan où il ne se passe strictement rien.
Quand cette peur disparaît, on a d’autres critères. Déjà le confort. Non, un bon coaster ne te fait pas taper ta tête sur les bords du wagon, et tu ne dois pas serrer les dents en pensant à tes cervicales. Ensuite, sensation de vitesse (mais pas que, parce qu’il y a des critères opposés plus loin, c’est un équilibre), d’accélération, les changements d’orientation, le temps passé en apesanteur, la manière de nous mettre en apesanteur… Par exemple une inversion comme un heartline roll te fait rouler sur toi même mais avec ta tête qui ne change pas de hauteur. Ça ne fait pas la même chose qu’un looping où tout ton corps monte et descend. La vitesse du wagon dans l’inversion va aussi changer sa sensation. On a une meilleure apesanteur et un meilleur confort dans une inversion prise plus lentement. Il y a pleins de paramètres du type.
Et puisqu’on parle de critères, laissez-moi vous présenter celui qui les coche tous. Mes préférées en métal en EU jusque là ? Oziris chez Astérix et Bluefire chez EuropaPark. Puis une de PortAventura ou AltonTowers ou Thorpe. Après avoir testé le Toutatis, une création de Intamin pour Astérix, et bien il prend haut la main la place numéro 2 de ce classement. C’est brillant. BRILLANT. (Et du coup avec les deux en tête chez Astérix, ça simplifie le bilan carbone.)
Le Toutatis est presque aussi fluide et confortable qu’un coaster inversé (avec le wagon attaché sous le rail) — zéro douleur, pression, tapage de tête ou de bras. Le airtime (temps d’apesanteur) est non seulement important mais il n’est pas artificiellement augmenté avec plein de petits camelbacks. Non, quand ils décident de nous mettre en apesanteur, ils nous y maintiennent tant qu’ils peuvent. Gros gros amour pour les harnais qui participent à tout ça en évitant de plaquer contre le siège. Les inversions sont formidables et suffisamment lentes pour nous faire sentir l’inversion de gravité.
Le lancement se fait par accélération magnétique en 3 fois avec un head-cap au milieu : on vous lance, vous montez des rails presque verticaux, pas suffisamment pour passer, vous repartez en arrière, et vous êtes à nouveau accéléré vers l’avant pour passer le cap dans une superbe flèche. J’ai perdu le compte à 20 airtimes, mais on doit être par là. 3 inversions dont une de presque une seconde. Aucun élément surprenant pour une nouveauté 2023, mais superbement agencé et réalisé.
Bref faut faire.