C’est un schéma que j’ai vu se répéter dans notre société privilégiée, sur tous les fronts. C’est dramatique. Permets-moi de radoter.

On est sorti des grandes famines grâce aux progrès des intrants. Mais les gens n’ont pas connu et ont oublié, et maintenant on veut de l’agri paysanne.

On est sorti des grandes épidémies et des maladies débilitantes contagieuses grâce aux progrès de la médecine et des vaccins. Mais les gens n’ont pas connu et ont oublié, et maintenant on veut de la médecine traditionnelle naturelle.

On est sorti des grandes persécutions religieuses grâce à la laïcité et l’anticléricalisme. Mais les gens n’ont pas connu et ont oublié, et maintenant on veut du respect des religions et du retour à la spiritualité.

On est sorti en partie des déterminismes sociaux grâce aux progrès de l’école républicaine. Mais les gens n’ont pas connu et ont oublié, et maintenant on veut de l’éducation douce qui ne forcerait pas l’enfant (de pauvre) à apprendre les maths.

On a pu développer les idées féministes et libérer la femme en lui donnant contrôle sur son corps grâce à la pilule. Mais les gens n’ont pas connu et ont oublié, et maintenant la pilule est un instrument du patriarcat et un avilissement de la femme.

On a pu faire accepter globalement l’homosexualité dans la société en montrant qu’on existait, qu’on était des membres de la société, qu’on voulait de l’indifférence. Mais les gens n’ont pas connu et ont oublié, et maintenant les militances réclament d’être traités différemment.

Et bah pourquoi voudrait-on qu’il en soit différemment pour le fascisme ? On l’a combattu avec des armes efficaces, mais après oubli, les gens voient du fascisme dans des trucs minables, dont les armes antifascistes en question.

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